Palimpsestes

Des traces de la présence de l’homme sur terre, il nous en reste extrêmement peu par rapport à la quantité produite.
C’est à l’abri des cavernes que les premiers témoignages nous parviennent, encore lisibles mais difficiles à décrypter autrement qu’avec notre imaginaire. Les traces horizontales où les objets et matières s’empilent, se compactent et finissent par se confondre, alors que les traces verticales, souvent dégradées ou anéanties par le temps, parfois conservées, sont riches des interventions successives de leurs auteurs. Celui qui découvre un sanctuaire pictural du paléolithique est étonnamment appelé « inventeur ». Lorsque j’ai découvert des espaces urbains portant les traces de l’action humaine récente et éphémère, je me suis senti en premier lieu dans cette situation. J’ai par la suite pensé qu’en extrayant certaines images d’un ensemble chaotique, je pouvais faire œuvre de création, tel un photographe.
En tant que peintre, je pouvais de plus montrer ce qui n’a pas existé, tel quel, et qui pourtant aura disparu demain.
De l’invention vers la création, c’est imaginer ce qui aurait pu exister, puis subsister.
C’est aussi témoigner de l’œuvre du temps et de celle des hommes dans le temps.
Nous pouvons ainsi franchir la frontière entre réalité et imaginaire.

DIEGO – ARTISTE PEINTRE